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Jacques-Émile RUHLMANN (1879-1933)

 

J.E. RuhlmannIssu d’une famille protestante d’Alsace établie à Paris en 1870, RUHLMANN travaille, très jeune, dans l’entreprise de peinture et de miroiterie que son père possède depuis 1876 au 6, rue du Marché Saint-Honoré. Après la mort de ce-dernier, il lui succède en 1907. Cette même année, il se marie, et son goût pour le mobilier se révèle avec des dessins de meubles qu’il destine à son propre appartement et à quelques amis.

 

A partir de 1910, il figure au Salon d’Automne, avec des modèles de papier peint présentés dans le stand de SELMERSHEIM, mais c’est à celui de 1913 que se profile l’extraordinaire carrière de décorateur et d’ensemblier qui sera la sienne.

Il exposera désormais ses oeuvres au Salon d’Automne, au Salon des Artistes Décorateurs et dans toutes les grandes manifestations françaises et étrangères, où il remportera les plus grandes distinctions.

Pour l’heure, il se contente de dessiner des modèles qu’il fait exécuter par des artisans du faubourg Saint-Antoine.

En 1913, il transporte son entreprise de peinture au 27, rue de Lisbonne, puis s’associe à Pierre LAURENT en 1919. Quatre ans plus tard, il ouvre son propre atelier d’ébénisterie 14, rue d’Ouessant,près du Champ-de-Mars (à partir de 1928, deux ateliers, A et B, fonctionneront simultanément, sans compter des ateliers de laque, de peinture, de tapisserie,...).

RuhlmannRUHLMANN n’a jamais pratiqué lui-même le métier d’ébéniste, mais il a conçu chacun de ses meubles et en a suivi personnellement l’élaboration et la fabrication. Dessiné d’un trait sûr, chaque projet était soumis à l’atelier de dessin, qui le mettait progressivement au point. Une étude était dressée au 2/100e, une autre au 1/10e. Enfin, l’état définitif grandeur nature passait aux mains des exécutants. Dans les ateliers de la rue d’Ouessant travaillait une pléiade d’artisans de grande valeur, recrutés avec soin dans le faubourg Saint-Antoine ou choisis parmi les élèves d’André FRÉCHET, le directeur de l’École Boulle. À tous les stades de la fabrication, le maître exerçait une surveillance constante, exigeant la perfection jusque dans les plus petits détails. La comparaison entre le croquis initial et l’oeuvre achevée permet de constater que la seconde traduit le premier avec une grande fidélité.

En 1925, à l’Exposition des Arts Décoratifs, un pavillon tout entier est confié au célèbre décorateur. C’est l’“Hôtel du Collectionneur”, qu’il fait construire par son ami l’architecte Pierre PATOUT et que décore, sur la façade, une vaste frise en bas-relief du sculpteur Joseph BERNARD. Dans le grand salon oval, par exemple, un grand meuble de RUHLMANN a été décoré de laque par Jean DUNAND.

En 1927, RUHLMANN décore la salle des fêtes et la salle des délibérations de la chambre de commerce de Paris, avenue Friedland, ainsi que le salon de thé du paquebot Ile-de-France.

A la fin des années vingt, les formes géométriques et dépouillées des meubles s’accentuent. Exécuté vers 1930, un fauteuil de bureau tendu de cuir, pivotant sur un piétement chromé, évoque les sièges moulés d’après-guerre. L’agencement fonctionnel des meubles de cette époque est souvent très poussé. C’est ainsi que dans le propre bureau de RUHLMANN se trouvent incorporés toutes sortes d’accessoires : téléphone, luminaire, barre chauff-pieds, tableau de commande pour l’éclairage, l’ouverture des portes et des volets, entre autres.

Travaillant avec les architectes les plus renommés de son temps, RUHLMANN reçoit de nombreuses commandes de l’État. Il conçoit des décors intérieurs et des meubles pour le palais de l’Élysée, pour la présidence de l’Assemblée Nationale, pour la mairie du Vème arrondissement de Paris, pour celle de Puteaux, pour plusieurs ministères, pour le musée de la France d’outre-mer à l’Exposition coloniale de 1931 (c’est le bureau réception du ministre des Colonies, toujours en place dans l’actuel musée des Arts africains et océaniens) et, bien entendu, pour d’innombrables demeures privées. Ces meubles sont souvent désignés par le nom des clients pour lesquels ils ont été exécutés. Parmi ceux-ci figurent le maharadjah d’Indore, le fabricant de soieries RODIER, les couturiers DOUCET et Fernande CABANEL, l’orfèvre PUIFORCAT, l’écrivain COLETTE, la comédienne Jane RENOUARDT, les banquiers ROTHSCHILD, l’homme politique TARDIEU, les architectes BOILEAU et PATOUT, le collectionneur hollandais VAN BEUNINGEN, etc.

Jacques-Émile RUHLMANN meurt en pleine gloire en 1933 à Paris. Comme il l’avait exigé, sa firme ne lui survit pas.

Les meubles de RUHLMANN (mais non les sièges, qui sont rarement signés) portent une estampille au fer qui reproduit sa signature manuscrite. Ils sont numérotés et enregistrés sur un catalogue, et un certificat signé du maître était donné à chaque acheteur.

Bibliographie :

Pierre KJELLBERG Le Mobilier du XXème siècle,
Dictionnaire des créateurs, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1994, pages 562 à 578.

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