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Jacques ADNET (1900-1984)

 

Jacques ADNET est né le 20 avril 1900, à Châtillon-Coligny.

Après des études au Collège d’Auxerre, il est admis en 1916, avec son frère jumeau, Jean, à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, où il eut pour maîtres Charles GENUYS (architecture) et AUBERT (décoration).

A la fin de ses études, il apprend la pratique sur le tas et travaille notamment pour Tony SELMERSHEIM, avec lequel il se perfectionne pour les techniques de l’art du meuble.

Après son service militaire, il entre, toujours avec son frère, dans les ateliers de la “Maîtrise” des Galeries Lafayette dirigés alors par Maurice DUFRENE, qui devint pour lui un guide et un ami.

Parallèlement, dès 1923, les deux frères exposent sous une signature commune au Salon des Artistes Décorateurs. En 1925, ils participent à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs à Paris où ils s’illustrent dans différentes sections, obtiennent de nombreuses récompenses et un véritable succès dans les classes d’architecture, ensembles mobiliers, textiles, céramiques, verreries, maroquinerie, etc...

A partir de 1927, les deux frères se séparent et, alors que Jean choisit de rester aux Galeries Lafayette comme directeur d’un important service artistique, Jacques prend son envol.

C’est à présent seul qu’il conçoit des meubles dont le style est clairement influencé par l’architecture, le rationalisme, le fonctionnalisme et le cubisme. Parallèlement, il se consacre à la céramique, la tapisserie et la ferronnerie, utilisant les volumes lisses, des arêtes vives et une certaine stylisation.

En 1928, grâce à l’appui de Maurice DUFRENE, il devient directeur artistique de la Compagnie des Arts Français, fondée en 1919 par Sue et Mare. Ces derniers y avaient développé une véritable devise : l’Evolution dans la tradition, en vue de réaliser une liaison entre les styles anciens de l’art décoratif français et la manière moderne. A son arrivée à la tête de cette Maison, ses préoccupations esthétiques étant autres, il réunit une nouvelle équipe d’artistes avec pour les peintres : Fernand LEGER, Jean LURCAT, Raoul DUFY, Marc CHAGALL, et chez les décorateurs : Francis JOURDAIN, Charlotte PERRIAND et René GABRIEL. Son objectif est de révéler l’esthétique de son siècle pour qu’enfin les intérieurs soient à l’image de la modernité et du progrès, incarnés par la machine, la vitesse, l’électricité et l’acier.

Il exprime alors clairement son orientation, repense tout et utilise pour cela sa formation architecturale ; il crée un mobilier de forme géométrique avec de nouveaux matériaux et se tourne vers les produits industriels tout en gardant un souci d’élégance qui lui est propre, faisant le lien entre la modernité à laquelle il est sensible, et la tradition française à laquelle il reste attaché.

Il utilise de plus en plus le métal et le verre avec lesquels il fabrique des sièges, des tables de chevet en tube de section ronde, mais aussi des petits meubles entièrement constitués de glaces argentées et vissées sur une armature. Il fait table rase du passé et applique à des données nouvelles des conceptions nouvelles, et ne semble pas effrayé comme d’autres peuvent l’être, devant l’abandon des formes anciennes qu’il n’essaie même pas d’adapter.

Il restera pourtant, tout au long de son oeuvre, fidèle à certains types de meubles comme les meubles d’appui dont il tirera d’innombrables variations, faisant ici un compromis entre rationalisme, modernité, élégance et un luxe mesuré.

A ces créations, s’ajoutent celles de divers types de luminaires, faits de métal, de verre et de tubes lumineux, parmi les plus importants de cette époque. Jacques ADNET réalise également de très nombreuses commandes d’ensembles mobiliers, parmi lesquels l’intérieur de l‘hôtel de M. Franck JAY GOULD, boulevard Suchet à Paris en 1934, celui de Mme Alice COCEA, le cabinet du président de la République au Château de Rambouillet, mais aussi celui du paquebot Ferdinand de LESSEPS, etc...

A l’Exposition Inrternationale des Arts et Techniques de 1937 à Paris, il s’illustre cette fois en tant qu’architecte, réalisant la construction du Pavillon de Saint-Gobain qui lui valut le grand prix d’architecture. En 1938, il réalise ses premières armes comme chef d’équipe lors de l’aménagement des espaces intérieurs du Collège de France. En effet, ses confrères, Francis JOURDAIN, Louis SOGNOT et Pierre CHAREAU qui travaillent eux aussi à ce projet, choisissent de lui confier la délicate tâche de superviser la cohérence des divers ensembles, dans lesquels il réalise pour sa part, les pièces de réception privées de l’Administrateur du Collège de France. Après la guerre, son style évolue vers un retour à une ornementation mesurée, conséquence de la guerre qui le conduit à se tourner de nouveau vers les artisans. Il conçoit à présent de grands bahuts de chêne blanc et sablé, ornés de ferrures à entrelacs ou de longue penture à feuillages de Poillerat, se dirigeant peu à peu vers un style néo-baroque.

En 1959, il cesse son activité au sein de la Compagnie des Arts Français pour prendre jusqu’en 1970 la direction de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Décoratif.

 

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