Homepage

Pierre CHAREAU (1883-1950)

 

Architecte-décorateur, Pierre Paul Constant CHAREAU est né le 3 août 1883 à Bordeaux. Ses parents Georges et Esther CHAREAU, à l’origine négociants en vinsm s’installent à Paris à la suite de difficultés financières. Il est le deuxième des trois enfants du couple CHAREAU, Paul est l’aîné et Jeanne la benjamine (1886-1964). Après avoir hésité entre la peinture, la musique et l’architecture, Pierre CHAREAU choisit de s’orienter vers l’architecture et suit durant un an les cours des Beaux-Arts, bien qu’il n’en sortît jamais diplômé.

Il se forme donc sur le tas, et entre, vers 1899 et jusqu’en 1914, comme dessinateur dans les bureaux parisiens de la firme britannique Waring & Gilow, spécialisée dans les meubles de style, tout en travaillant le soir à son propre compte.

C’est à cette époque qu’il rencontre sa femme, Louise DYTE (1880-1967) surnommée Dollie, institutrice et professeur d’anglais, avec laquelle il se marie en 1904, mais n’eut pas d’enfant. Durant la première guerre mondiale, CHAREAU est mobilisé dans l’artillerie et c’est seulement en 1919, à l’âge de 35 ans, qu’il ouvre sa propre agence d’architecture et de création de mobilier, 54 rue Nollet, à Paris.

Son premier client sera très important pour sa carrière puisqu’il s’agit du Docteur Jean DALSACE et de sa femme Annie qui était une ancienne élève de Dollie. Ainsi, c’est pour leur appartement situé au 195, boulevard Saint-Germain à Paris, que CHAREAU réalise ses premiers intérieurs et meubles. C’est par ailleurs par l’intermédiaire du coupe DALSACE que CHAREAU rencontre certains de ses futurs clients. Parmi eux, on trouve Hélène BERNHEIM, Edmond FLEG, Georgette LEVY, Daniel DREYFUS, M. GRUMBACH, M. TEPLANSKY, mais aussi Jean LURCAT, avec lequel il collabore dès 1919, celui-ci réalisant certaines des tapisseries qui recouvrent ses meubles, comme ce fut le cas pour une pièce exposée au Salon d’Automne la même année.

Les clients de CHAREAU ont aussi comme autres particularités d’être pour certains devenus ses amis, ce qui explique qu’ils lui passeront de nombreuses commandes. Ainsi, à la naissance du premier enfant du couple DALSACE, CHAREAU réalise une chambre d’enfant, comme il le fera plus tard pour Hélène BERNHEIM. Néanmoins, la clientèle de CHAREAU ne se borne pas aux seules relations des BERHEIM et il crée également pour ses propres clients : la photographe Thérèse BONNEY (1928), Lise DEHARME, Madame REIFENBERG (1927), Roger GOMPEL, Octave HOMBERG, Marcel KAPFERER ou M. SIMON.

En 1924, il ouvre un petit magasin appelé « La Boutique », 3 rue du Cherche-Midi à Paris, dans le but de promouvoir son travail et celui d’artistes tels que, Hélène HENRY, créatrice de tissus et tapis, ou Jean BURKHALTER, créateur de mobilier et tapis.

La même année, il participe –montrant son attachement à l’idée de modernité- au décor du film « L’Inhumaine » de Marcel L’HERBIER aux côtés de Rob MALLET-STEVENS, et décorée et meublée par DJO-BOURGEOIS, Francis JOURDAIN ou Théo VAN DOESBURG.

Pierre CHAREAU, architecte, reçoit sa première commande de construction en 1926, lorsque Emile BERNHEIM lui demande de concevoir le Club-House du Golfe Hôtel de Beauvallon dans le Var. Un an plus tard, il lui commande au même endroit la construction de sa Villa « Vent d’Aval » (1927).

Deux ans après, M. DALSACE lui commande le projet de la Maison de Verre, 31 rue Saint-Guillaume à Paris (1928-1932), réalisée en collaboration avec l’architecte hollandais BIJVOET, réalisation architecturale majeure de Pierre CHAREAU. Cette réalisation fut un véritable tour de force, car Pierre CHAREAU réussit à construire trois étages lumineux, dans le rez-de-chaussée et le premier étage d’un hôtel obscur, contraint par la présence d’une vieille dame qui ne voulait pas quitter son appartement du deuxième étage. En 1928, il réalise cette fois l’un des plus grands ensembles qu’il ait jamais conçu : l’aménagement des salles de réception du Grand Hôtel de Tours, commandité par Paul BERNHEIM, l’époux d’Hélène.

Co-fondateur de l’Union des Artistes Modernes (U.A.M) en 1929, Pierre CHAREAU exposera désormais aux salons de la nouvelle société, notamment des sièges et des meubles en métal.

Entre 1932 et 1938, CHAREAU poursuit ses recherches, étudiant le problème de la mobilité des meubles et, entre 1931 et 1932, exécute des bureaux en dalles de verre et de cuivre, pour L.T.T. En 1937, la danseuse Djémil ANIK qui faisait partie du cercle des amis de la rue Nollet, lui commande sa maison de campagne, où il eut à résoudre de nombreux problèmes posés par l’alimentation en eau, l’éclairage et le chauffage. A cette dernière difficulté, CHAREAU trouve une solution en utilisant des parois pliantespour laisser l’air chaud circuler dans la salle de séjour. Cette idée annonçait en réalité le concept de « pièce-maison » qu’il devait développer ultérieurement à New York.

En 1937, il pratique à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Techniques de Paris, où il expose au sein du pavillon de l’U.A.M., puis en 1938, exécute pour Monsieur MARX, ministre plénipotentiaire, un bureau au Ministère des Affaires Etrangères. Son dernier projet en France fut le Foyer du Soldat Colonial au Grand Palais, pour lequel il conçut un ensemble de mobilier utilitaire, au début de la guerre. En 1940, un an après le début de la seconde guerre mondiale, Pierre CHAREAU se voit contraint de fuir la France et ses lois antisémites. Il cherche dès lors à se réfugier à Londres, mais faute de pouvoir le faire, il se rend finalement à Casablanca où il obtient les papiers nécessaires pour se rendre à New York. Un an plus tard, une fois certaines difficultés surmontées, CHAREAU se met à organiser diverses expositions sur les peintres anciens et modernes, sur la gravure ou encore l’imagerie populaire et Auguste PERRET.

Il faudra ensuite qu’il attende 1947 pour renouer avec son activité d’architecte, lorsque le peintre Robert MOTHERWELL lui passa commande d’une maison, qu’il souhaitait voir réaliser avec des éléments en tôle provenant des surplus de l’armée. La difficulté de cette construction résidait cette fois dans le peu d’éléments à sa disposition : de grandes vitres provenant d’une vieille serre et des tôles de l’armée. Il réalisa toutefois deux étages avec chambres, salles de bains et cabinets de toilette.

En 1950, sa dernière réalisation fut également son ultime tentative de renouer avec un exercice professionnel dans son exil américain. « La Colline », qu’il dut réaménager pour Mesdames Germaine MONTEUX et Nancy LAUGHLIN, l’une pianiste, l’autre écrivain, présentait des difficultés d’un autre ordre, puisqu’il s’agissait de tirer parti d’un intérieur de dimensions réduites déjà existant. Le résultat sembla si parfaitement convenir aux deux commanditaires que du reste, elles décidèrent de délaisser leur habitation principale pour ne vivre que dans celle de Pierre CHAREAU.

Cette même année, d’après une lettre de Francis JOURDAIN à George BESSON, Pierre CHAREAU tenta de revenir en France pour ainsi mettre un terme à son exil. Malheureusement, il meurt le 24 août 1950 à New York et sera inhumé au cimetière St-Philomeana d’East Hampton.

 

Autres biographies

 

Présentation Art NouveauCréateurs Précieux U.A.M.(Union des Artistes Modernes) Biographies Artistes L'actualité du Musée Expositions temporaires, prêts, échanges

   
© Chateau de Gourdon 2006
réalisation Orbicom
/ PH+