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René HERBST (1891-1982)

 

René HERBST est né à Paris le 18 mars 1891. Issu d’un milieu privilégié - son père est directeur de l’hôtel d’Orsay et sa mère modiste - il reçoit une formation d’architecte et travaille à partir de 1908 dans divers bureaux d’architecture à Londres et à Francfort.

Durant la première guerre mondiale, il est mobilisé dans l’aéronautique, un secteur de l’armée éminemment moderne qui témoigne bien de ses futures préoccupations. Dès sa démobilisation, il se consacre à la création de mobilier et aux problèmes posés par l’habitat et l’ordonnance architecturale.

Il expose pour la première fois son travail au Salon des Artistes Décorateurs à partir de 1921 alors qu’il n’a pas trente ans. Ses premières réalisations présentent l’influence du mouvement Arts and Crafts, du Jugendstil et son travail s’inscrit dans le style de l’époque bien qu’il abandonne rapidement les formes et décors “Art Déco” de ses premiers meubles.

1925 est pour lui une année charnière : il participe à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels de Paris où il montre cette fois un attachement plus marqué à la recherche de modernité en réalisant plusieurs installations pour la “Rue des Boutiques” sur le Pont Alexandre III ; celles de PERZEL, SIÉGEL, CUSENIER, DUMAS, et la sienne. En effet, René HERBST s’intéresse tout particulièrement aux boutiques et à leur aménagement, imaginant des dispositifs nouveaux et séduisants. Il considère la vitrine comme une sorte d’affiche plastique devenant une forme des plus frappantes de l’art publicitaire. Il rénove alors l’art de l’étalage et remplace notamment les vieux mannequins de cire par des silhouettes stylisées en bois ou en verre, véhiculant une image plus moderne.

Il crée également des sièges, des tentures, sélectionne des objets et présente dans la boutique des établissements Pleyel, son Pleyela, en acajou verni et métal nickelé. René HERBST se fait remarqué et reçoit à cette occasion une médaille d’or et deux diplômes d’honneur.

Dès 1926, ses recherches le poussent à utiliser le métal dans l’ameublement, notamment le tube nickelé. Il présente différents modèles dans sa propre boutique, qu’il édite, vend sur catalogue et commercialise.

Comme les autres représentants du courant moderne français qui utilisent le métal dans leurs créations, René HERBST subit les critiques acerbes de certains chroniqueurs et dirigeants des salons. Il décide en conséquence, dès 1928, de s’associer à Charlotte PERRIAND, DJO-BOURGEOIS et quelques autres créateurs modernes, pour former un groupe de créteurs issus de disciplines différentes, qui exposeraient leurs créations ensemble. Cette “unité de choc”, comme ils la qualifient eux-mêmes, avait pour but de défendre une nouvelle forme de création, incarnant mieux leur époque et les aspirations et besoins de leurs contemporains. Ces derniers revendiquent un attachement à certains principes qui reposent sur une volonté de mettre en oeuvre la synthèse des arts, un intérêt et une mise en application des progrès techniques et des matériaux de leur époque dans leurs créations et l’abandon de toute allégeance en faveur de l’ornementation.

Par ses prises de position et la nature de ses créations, René HERBST devient rapidement aux côtés de Francis JOURDAIN, Rob MALLET-STEVENS et Charlotte PERRIAND l’un des chefs de file du mouvement moderne français. En 1929, il est l’un des artisans les plus convaincus de la nécessaire rupture d’avec la Société des Artistes Décorateurs, qui vient tout juste alors de leur refuser le droit de réitérer l’exposition commune concédée l’année précédente. Il devient fondateur et membre du premier comité directeur de l’Union des Artistes Modernes aux côtés notamment de Francis JOURDAIN, Hélène HENRY, Rob MALLET-STEVENS et Raymond TEMPLIER, et organise et met en scène la première exposition du groupe au pavillon de Marsan.

Refusant la tyrannie des belles matières, il privilégie les matériaux industriels, métal, verre, caoutchouc, et sa rencontre avec les dirigeants de l’O.T.U.A. (Office Technique pour l’Utilisation de l’Acier) en 1930 le fera surnommer “l’homme d’acier”. Ce statut lui permit notamment, à partir de 1930 et jusqu’en 1961, de réaliser toutes les expositions de la sidérurgie française et d’établir une sérieuse collaboration entre l’U.A.M. et l’O.T.U.A.

La même année, il conçoit toute une série de sièges en tube dont l’assise est tendue de sandows de bicyclette. René HERBST reprend une solution adoptée après la guerre par Citroën pour la garniture des sièges de la 2CV et la décline en plusieurs versions, chaise, fauteuil et chaise longue. Ces créations témoignent de la voie qu’il a choisie : répondre le plus justement possible aux besoins du plus grand nombre, populariser les formes et les matériaux nouveaux, permettre la liaison entre les créateurs et les industriels.

René HERBST s’intéressa également à d’autres aspects de la décoration intérieure comme celui de l’éclairage, auquel il attacha une attention particulière. Là encore, il fit oeuvre de novateur et fur l’un des premiers à utiliser la lumière électrique d’une façon rationnelle. Il comprit très vite que l’éclairage indirect, par réflexion, donnait une lumière diffuse moins éblouissante et plus proche de la lumière naturelle. Et si ces nouvelles possibilités n’entraînaient pas la suppression totale des lampes et des lustres, elles nécessitaient cependant l’abandon des formes désuètes et inadaptées utilisées jusqu’à présent. René HERBST va donc s’attacher à employer de nouveaux types d’appareils d’éclairage et remplacer, par exemple, les lustres utilisés auparavant par des gouttières en métal, des plateaux de verres transparents ou translucides et des corniches pour une meilleure répartition des intensités lumineuses. Collaborateur de l’Association Française de l’Eclairage, il travaillera notamment avec Jean DOURGNON et André SALOMON, tous deux ingénieurs-éclairagistes et montre chaque année au Salon de la lumière ce que peut produire une collaboration suivie entre l’architecte, le décorateur et l’ingénieur.

Architecte-décorateur reconnu, René HERBST réalise également quelques aménagements prestigieux, pour l’hôtel particulier de la princesse Aga Khan (1931-1933), pour le marchand de tableaux Léonce ROSENBERG (mobilier de salle à manger, 1928), pour le maharadjah d’Indore, mais aussi des magasins (particulièrement pour l’orfèvre Jean PUIFORCAT, boulevard Haussman, 1936), des restaurants, des cabines de paquebots (1934) et des bibliothèques.

Artiste engagé, René HERBST s’investit dans la défense des idées modernes et en tant que secrétaire du Comité d’études pour l’Exposition de 1937, conteste vigoureusement le programme et les orientations choisies. Il insiste pour que le Manifeste de l’U.A.M. soit rapidement établi et puisse, d’une certaine manière, influencer par son contenu le programme de l’Exposition.

Durant la Seconde guerre mondiale, il est membre du Comité Directeur de l’Union des Intellectuels et, au sein du Front National des Artistes, organise la résistance des décorateurs contre le programme culturel de Vichy.

A la mort de Rob MALLET-STEVENS, il devient président de l’U.A.M., et s’investit pour faire évoluer l’action du groupe en soutenant notamment la création de la section Formes Utiles dont il fut le président de 1950 à 1966.

Parallèlement, son activité évolue et il devient l’architecte de nombreuses expositions, comme celles de la triennale de Milan en 1954 et 1960. René HERBST ne crée plus de mobilier mais il s’investit dans la défense d’une création, soutenu par les industriels, et devient le commissaire général de diverses expositions en France et à l’étranger.

René HERBST décède à Paris en 1982.

 

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